Les techniques de la méditation et du yoga m’ont enseigné à considérer l’importance de l’équilibre.
Cette idée qu’il y a souvent, dans les impasses, une voie du milieu.
Celle qui va rassembler, plutôt qu’opposer. Le « et » plutôt que le « ou ».

Et parmi les équilibres, il y en a deux qui me font particulièrement échos et sont d’une grande aide au quotidien, pour cultiver bien-être et santé :

  • l’équilibre entre le corps et le mental,
  • l’équilibre entre le repos et l’action.

Dans la philosophie du yoga et la méditation, nous connectons avec l’idée que l’être humain est un ensemble, un tout. Ainsi, le corps, le mental ne sont pas séparés. La dimension mentale agit sur le corps et vice versa.

Le système nerveux illustre bien cette idée : le cerveau est relié au corps par le réseau de nerfs. Il envoi des messages au corps et reçoit des messages venant directement du corps. Une circulation à double sens, qui implique tous nos sens !

Pour maintenir harmonie, bien-être, et un fonctionnement optimal de nos systèmes physiologiques et psycho-émotionnel, cultiver l’équilibre entre le corps et le mental est une voie toute indiquée !
Pour la société occidentale, très focalisée sur le mental (le savoir, la connaissance, l’intellect, l’analytique, …) et la stimulation, c’est par l’apprentissage du retour au corps et au repos que nous pouvons y revenir.

Observer pour écouter ! Au présent !
C’est prendre un (mini-)temps pour se poser la question : qu’est-ce que je vis là maintenant, dans quoi je suis impliqué ? Et porter attention, observer :

  • ce qui se passe à l’extérieur de soi : mobiliser mes sens pour connecter à ce que je vois, ce que je sens, ce que je touche, ce que j’entends, où je suis, avec qui, …
  • ce qui se passe à l’intérieur de soi : comment je me sens ? quelles sont les sensations physiques qui me parcourent (température, tensions éventuelles, faim, soif, respiration, rythme cardiaque, …) ? est-ce que je vis une émotion particulière (joie, peur, tristesse, colère, …) qui impacte mon corps ? y-a-t’il des pensées particulières qui me traversent (ruminations, projections, jugements positifs ou négatifs, …) ? quelle est mon humeur ? mon niveau d’énergie ?

Je me place en regard extérieur, en explorateur. Je pratique la pleine conscience !

Avec l’observation en pleine conscience, j’obtiens une cartographie de ce que je suis en train de vivre. J’ai des indications sur mon état, au présent et si je suis en train de vivre quelque chose qui va dans le sens de l’équilibre ou plutôt dans le sens d’une dérégulation.

Il ne s’agit pas de commenter ou juger ce que nous observons mais de considérer ça comme une information que nous donne notre corps et notre cerveau en réponse à ce que nous sommes en train de vivre, pour nous permettre de revenir vers l’harmonie si c’est nécessaire.

Lorsque j’observe un état de dérégulation – qui peut aller de la sensation de faim ou de sommeil à un état de stress, d’anxiété, de douleurs physiques ou émotionnelles – je vais pouvoir mettre en place une ressource. C’est à dire une réponse adaptée, ajustée aux informations que j’ai observé me permettant de revenir vers un état plus neutre et régulé. Elle nous permet de nous régénérer et est décorrélée d’enjeu, de performance et de l’attente de résultats.

En général, la ressource va être stimulante (orientée vers l’action) ou apaisante (orientée vers le repos). Elle va nous procurer une sensation d’ouverture et de régénération là ou le « déséquilibre » nous renvoi plutôt à de la contraction, de la fermeture. Elle est choisie en pleine conscience et non en mode automatique.

Il y a plusieurs types de ressources que nous pouvons mettre en place avec le degré qui nous correspondra le mieux en fonction de notre état :

  • celles en lien avec nos besoins fondamentaux : manger, boire, dormir, se mettre en sécurité, se soigner, …,
  • les activités : arts, sports, nature, pratiques bien-être, lectures, films, philosophie, développement personnel, cultiver sa foi, …
  • le contact social : nos cercles relationnels (amis, famille, groupe d’activité, …), les relations d’aide (professionnel de santé, accompagnants, associations, cercle de parole, …)

Une même ressource peut avoir différentes intensités et niveau d’impact.
Elle peut nous correspondre à un moment donné et plus sur un autre moment !
Elle est personnelle et dépendante de notre observation et nos besoins. Ainsi, elle peut être bonne pour nous sans être forcément indiquée pour quelqu’un qui vit la même chose au même moment.

  • Diverses manifestations peuvent se faire sentir dans le corps au niveau physique (tension au creux de la poitrine, maux de ventre, sensation de faim, digestion lourde, tensions dans le dos, respiration entravée, …) et peuvent être en lien avec une émotion (peur, …).
  • Vous pouvez voir des pensées persistantes sur un sujet (inquiétudes, doutes, jugements, indécision, projections imaginaires, …),
  • Votre énergie peut être plutôt haute, boostée par les hormones du stress (vous avez du mal à rester en place, vous avez besoin de bouger ou de vous occuper, ..) ou plutôt basse (sensation de lourdeur, de tétanie, de fatigue voire d’anesthésie)

En fonction de ce que qui est vécu, de l’intensité des manifestations observées, de leur durée dans le temps, la ressource choisie de sera pas la même.
Une personne se dirigera peut-être vers un moment de calme, en intériorité où le corps et le mental peuvent se reposer, par exemple un temps de lecture, une boisson chaude, un film apaisant, une musique douce, une pratique bien-être (méditation, pratique corporelle douce, ..).
Une autre aura besoin de sortir prendre l’air, courir, nager, danser … pour que le corps bouge et l’esprit s’aère.
D’autres iront vers un moment avec une personne avec qui elles se sentent écoutées et libres de partager.
D’autres choisiront de passer un moment avec leur groupe d’amis pour une sortie, un concert, …
D’autres encore se tourneront vers un groupe de parole car elles ne trouvent pas d’espace pour déposer ce qu’elle sont en train de vivre dans leur cercle relationnel habituel,
Certaines contacteront un professionnel de santé, un thérapeute pour entreprendre un chemin de compréhension et de mieux-être car elles se sentent démunies dans leur quête d’équilibre.

La méditation et le yoga permette de cultiver l’apprentissage de la pleine conscience. Grâce à des pratiques de mouvement, de respiration dans des temps statiques et dynamiques, nous développons cette capacité d’observation, nous apprenons de plus en plus précisément et sensiblement à revenir dans le corps et sentir ce qui se passe en nous.

Et les pratiques sont aussi une ressource à part entière. Selon notre besoin d’apaisement ou de stimulation, nous pouvons les moduler et choisir un rythme, une intention adapté à notre état.
Une pratique posturale dynamique, des exercices de respiration relaxante ou stimulante, des mouvements lents, une pratique de méditation statique assise composent une palette large d’outils à notre disposition.

Cultiver l’équilibre entre le corps et le mental est intimement lié à notre équilibre repos et action. Il soulève notre manière de connaître et répondre à nos besoins. Il nous relie à notre rythme.

L’équilibre n’est pas linéaire. En tant qu’être-humain, espérer rester continuellement à l’équilibre est illusoire. La vie est une alternance de moments dans lesquels nous nous sentons en harmonie et en difficultés. Nous allons osciller sans cesse autour du point d’équilibre. Parfois nous allons nous en éloigner fortement, peut-être longtemps. Nous allons en visitant des extrêmes, construire nos échelles, nos limites, nos frontières.
Solliciter de l’aide et un accompagnement est important à considérer lorsque nous nous sentons perdu.e.s ou seul.e.s dans notre chemin.

Dans tous les cas, apprendre à observer où nous sommes et comment nous pouvons nous en rapprocher est salvateur et nous apporte plus de souplesse et de fluidité pour naviguer.
Nous apprenons à mieux nous connaître et à questionner nos habitudes et nos choix.
Ainsi nous développons notre clarté, notre confiance et notre estime.
Nous créons un lien plus bienveillant avec nous-même, plus respectueux.
Cela participe à notre bien-être, notre bonne santé, et notre rayonnement extérieur.

L’équilibre c’est cultiver au fur et à mesure un état d’esprit plus ouvert, plus en lien avec notre environnement. Pour participer à rassembler ce qui peut parfois sembler s’opposer. L’équilibre n’existe pas sans le déséquilibre comme la nuit n’existe pas sans le jour.

Je nous souhaite une joyeuse quête !

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